3 minutes percutantes...

Extrait de l'excellente trilogie "La fabuleuse histoire des excréments" de Thierry Berrod , l'interview d'Emmanuelle Adler permet d'appréhender en moins de trois minutes la majorité des maux de l'assainissement conventionnel, principalement générés par des erreurs conceptuelles et culturelles.

Avec l'aimable autorisation de Mona Lisa Production

Extrait du documentaire "Au Nom de la Rose" (voir la revue de presse du documentaire)

Auteur - Réalisateur : Thierry Berrod
Collection "La Fabuleuse Histoire des Excréments"
© Mona Lisa Production
www.monalisa-prod.com

Commentaires

N'y a-t-il pas un risque de retrouver dans ces boues les nombreux produits chimiques que nous ingurgitons ?

Bonjour,

Par cette réponse (avec délai) à votre commentaire, je vous propose mon point de vue quant à la gestion des différents micropolluants chimiques  contenus dans les excrétas humains - principalement les urines (résidus médicamenteux, additifs alimentaires, hormones...).

En assainissement conventionnel : Par le tout-à-l'égout, les micropolluants sont "dilués" dans des eaux de chasse, puis dans les eaux grises. Les micropolluants se retrouvent dans d'importants volumes d'eau. Les stations d'épuration en assurent ensuite une concentration géographique. Ces stations n'ont pas été conçues pour retenir l'"infiniment petit". Au final, une partie de ces polluants rejoint donc les cours d'eau exutoires. Les conséquences sur la qualité des cours d'eau, la faune et la flore commencent à peine à être découvertes (féminisation de population de poissons, résistance aux antibiotiques...). Notons qu'en milieu aqueux, ces molécules sont mobiles et très difficilement dégradables. Leur persistance peut s'étaler sur plusieurs mois ou années.

En assainissement écologique : La gestion différenciée des excrétas humains (séparée de celle des eaux grises) permet en premier lieu d'éviter la dissolution et dissémination de ce type de micropolluants. Les traitement proposés peuvent en détruire une partie (compostage, méthanisation...). In fine, la valorisation agricole conduit à l'épandage de fertilisants très faiblement concentrés en micropolluants (moins que dans la plupart des fumiers et lisiers, et moins que dans les boues de station d'épuration) sur des sols (et non directement sur des cultures!). Les sols, par leur capacité "fixatrice", sont infiniment plus aptes à digérer ces micropolluants que nos cours d'eau.

Sans être solution miracle à la prise en charge des micropolluants organiques provenant des excrétas, l'assainissement écologique est reconnu par de nombreux organismes internationaux pour ses capacités de bonne gestion du risque sanitaire (micropolluants organiques et minéraux et évidemment, charge pathogène).

Ceci ne saurait bien entendu nous épargner une révision des quantités et qualités des produits absorbés par nos organismes (La France reste championne européenne de la consommation de médicaments).

Qui peut me dire s'il y a dans ces déchets solides des résidus de produits chimiques que nous ingurgitons ?

Le risque est-il négligeable ? Merci.

Superbe ce mini film. Une petite inexactitude cependant : ce n'est pas le gramme initial de merde que l'on retrouve dans les boues mais celui des cadavres (!) des bactéries qui l'ont bouffé. Vous me direz, c'est pas mieux, mais si ça peut rassurer certains.

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