"L'idée que les déjections sont des déchets sans utilité est
un malentendu moderne. C'est la racine des problèmes de
pollution qui résultent de l'approche conventionnelle de
l'assainissement."
Agence Suédoise Internationale pour le Développement
"L'idée que les déjections sont des déchets sans utilité est
un malentendu moderne. C'est la racine des problèmes de
pollution qui résultent de l'approche conventionnelle de
l'assainissement."
Agence Suédoise Internationale pour le Développement
Quelques rappels sur la situation mondiale : 
Aujourd'hui, selon l'OMS, près de 2,6 milliards de personnes n'ont pas accès à une forme d'assainissement amélioré. En 2009, par cette situation, 2,2 millions d'humains sont décédés. Des enfants de moins de 5 ans pour 1,5 millions d'entre eux. Le déficit mondial d'assainissement est pourtant reconnu comme un frein à l'essentiel des objectifs du millénaire (réduire la pauvreté extrême et la faim, réduire la mortalité infantile, assurer un environnement durable, combattre les maladies etc.). Henri Smets en appelle même à élever l'assainissement comme un nouveau droit de l'homme. Malgré tout, cet enjeu est médiatiquement étouffé par ceux du réchauffement climatique ou de la sécurité alimentaire. C'est, pour nombre de politiques ou d'organisations de la société civile un enjeu de seconde zone.
Notons que si les objectifs du millénaire étaient vraiment poursuivis, 95 000 équipements d'assainissement devraient être installées par jour dans le monde, et ce, jusqu'en 2015. Le compte est aujourd'hui loin d'être bon.
Et pourtant, il paraîtrait que « quand on veut, on peut... »
Pour preuve : 0,35% de la population indienne bénéficiait en 2001 d'un téléphone portable. Aujourd'hui, ce taux est de près de 45%. Ce qui amène les rapporteurs de l'ONU au terrible constat suivant : les indiens bénéficient désormais d'un meilleur accès – et de loin – à un téléphone portable qu'à un équipement d'assainissement digne de ce nom !!
Bien sûr, il ne faut pas s'imaginer que les milliards d'êtres humains en souffrance auront tous un jour la panoplie complète toilettes à eau / réseaux de canalisations / station d'épuration. Économiquement impensable. Et irrationnel, dans des pays ou l'eau manque souvent, et dont les capacités de production énergétique sont incompatibles avec les besoins de tels équipements.
De ce fait, les solutions développées aujourd'hui dans ces pays sont quasi-systématiquement (à l'exception des opérations « humanitaires » des multinationales de l'eau) des solutions d'assainissement écologique : non-mélange des excrétas à de l'eau, hygiénisation puis valorisation agricole des matières fécales et de l'urine par des équipements simples et décentralisés. Ah oui! J'oubliais ! Ceci permet également un maintien ou une amélioration des rendements agricoles locaux.
En France, l'heure est plutôt au renforcement des programmes de recherche industrielle, à la course aux performances des équipements d'épuration (que ce soit pour la collecte des eaux usées, leur traitement et celui des boues).
On en appelle également à la responsabilité de l'usager, qui devrait sans hésitations remplacer son ancienne chasse d'eau par une « éco » (sauvant quelques litres d'eau. La charge polluante reste néanmoins la même – on arriverait par exemple au même résultat insatisfaisant en réduisant la durée de nos douches ! ).
Ayons bien conscience que notre modèle de gestion des eaux domestiques est un modèle de nantis. En le maintenant coûte que coûte, nous ne participons pas à un effort collectif de développement et de mise au point de filières durables et démocratisables. Pire encore, nous faisons ostensiblement l'apologie et la démonstration de mauvaises pratiques. Alors avouons nous que sur la fine pellicule de vert dont se revêtent actuellement nos filières d'assainissement, le vernis d''ethique et de solidarité aura bien du mal à prendre.
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